L’avenir de la vape face à la future réglementation TPD

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Pas besoin de statistiques tapageuses pour sentir le vent tourner : la vape, autrefois symbole de rupture avec le tabac, se retrouve aujourd’hui sous surveillance. Les arômes qui ont séduit des milliers d’ex-fumeurs sont désormais dans le viseur des institutions. En toile de fond, la Directive des produits du tabac, la fameuse TPD, s’apprête à revisiter les règles qui encadrent le marché des e-liquides. Au moment où la législation autour de la cigarette électronique se tend, il devient urgent de prendre la parole et d’exposer, sans détour, notre point de vue sur la pratique du vapotage.

Un tour de vis réglementaire prend forme

Des amateurs de vape aux adeptes d’e-liquides fruités ou gourmands, le message envoyé par l’OMS résonne clairement : les saveurs sont désormais en ligne de mire. Sur la table, une restriction radicale des arômes et le doublement du prix des pods jetables. Tout cela dans l’optique d’endiguer l’initiation des jeunes à la nicotine.

Le projet de Flavor Ban compte écarter les parfums jugés trop attractifs, des saveurs mentholées aux recettes sucrées. Ceux qui défendent cette mesure pointent du doigt l’attrait pour ces produits chez les plus jeunes, craignant qu’ils ne servent de porte d’entrée non seulement à la vape, mais aussi parfois au tabac classique. Parallèlement, les pods jetables cristallisent l’attention : accusés de démocratiser la nicotine, ils pourraient voir leur prix grimper, pour réduire leur attrait.

Le calendrier n’a rien d’anodin. Au Panama, entre le 20 et le 25 novembre 2023, la COP 10 de la Convention-Cadre pour la Lutte Antitabac (CCLAT) accueillera les recommandations de l’OMS. Les décisions prises là-bas pourraient bien rebattre les cartes du vapotage à l’échelle européenne.

Europe : consultation citoyenne sur la réglementation

Une autre séquence, moins médiatique mais tout aussi décisive : depuis le 21 février 2023, la Commission européenne a invité citoyens, chercheurs et autorités à donner leur avis via un questionnaire dédié à la lutte contre le tabac. Jusqu’au 16 mai 2023, chacun pouvait s’exprimer sur les orientations à prendre concernant l’usage de la cigarette électronique et la commercialisation des e-liquides.

Les choix à venir reposeront sur les contributions recueillies mais aussi sur des travaux scientifiques récents. L’enjeu : façonner une législation informée, qui ne se contente pas de principes mais examine la réalité de terrain et les usages quotidiens.

Des avis divergents sur la place de la vape

Le sujet divise jusque dans les instances politiques : certains réclament des restrictions accrues, mais la connaissance du dossier fait défaut à de nombreux élus. Un exemple concret, issu d’une enquête menée en 2021 par EcigIntelligence et TobaccoIntelligence : lorsqu’ils possèdent un minimum d’informations, la plupart des eurodéputés considèrent la vape moins dangereuse que le tabac et l’imaginent comme une aide possible pour stopper ou limiter la consommation de cigarettes classiques.

Ce clivage, directement lié à la connaissance du sujet, illustre combien l’opinion sur la cigarette électronique peut varier d’un responsable à l’autre, mais aussi dans la société civile. Impossible d’ignorer l’impact de ces perceptions sur la législation à venir.

Tabac, vape : un parcours de sortie en question

Côté recherche, les signaux sont de plus en plus nombreux. Plusieurs études mettent en avant les bénéfices que la vape peut offrir à ceux qui cherchent à rompre avec la cigarette traditionnelle. Les données sont sans appel : la cigarette électronique procurerait entre 1,78 et 7 fois plus de chances de s’affranchir du tabac. Pour beaucoup, ce n’est pas un détail.

Dans la réalité, nombre de fumeurs essayent d’abord un pod jetable, séduit par le prix doux et la facilité d’utilisation. Mais à mesure que le coût grimpe, une puff passant de 8 à 20 euros par exemple, la promesse de détourner les plus jeunes se heurte aux limites. Au lieu de protéger, cette hausse des tarifs peut rompre le parcours de ceux qui ambitionnent d’arrêter le tabac, en mettant l’alternative hors de portée.

Le débat s’installe à tous les niveaux. Protéger les jeunes, accompagner les fumeurs : la législation qui s’annonce tranchera. On attend désormais que la voix des usagers, des chercheurs et du soin soit entendue, avant que la vapeur ne s’estompe et qu’un nouveau chapitre du vapotage européen ne s’écrive, dans la transparence ou dans la confusion.